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Chapitre XIII.

Autres Considerations sur nostre Connoissance.

      §. 1. PH. Il sera peutestre encor à propos d'adjouter, que nostre
Connoissance a beaucoup de rapport avec la veue en cecy, aussi bien
qu'en autres choses, qu'elle n'est ny entierement necessaire, ny entierement
volontaire. On ne peut manquer de voir quand on a les yeux
ouverts à la lumiere, mais on peut la tourner vers certains objets §. 2. et
les considerer avec plus ou moins d'application. Ainsi quand la faculté
est une fois appliquée, il ne depend pas de la volonté de determiner la
connoissance; non plus qu'un homme peut s'empecher de voir ce qu'il voit.
Mais il faut employer ses facultés, comme il faut pour s'instruire.
      TH. Nous avons parlé autresfois de ce point et etabli, qu'il ne depend
pas de l'homme d'avoir un tel ou tel sentiment dans l'estat present, mais
il depend de luy de se preparer pour l'avoir et pour ne le point avoir
dans la suite, et qu'ainsi les opinions ne sont volontaires que d'une maniere
indirecte.
Leibniz NEs IV, 13, §1, 437-438