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      PH. On a pourtant voulu empecher que la dispute n'allât à l'infini,
et faire qu'il y eut moyen de decider entre deux combattans egalement
experts, afin qu'elle n'engageât dans une suite infinie de syllogismes.
Et ce moyen a esté d'introduire certaines propositions generales, la pluspart
evidentes par elles mêmes, et qui estant de nature à estre reçeues de tous
les hommes avec un entier consentement, devoient estre considerés comme
des mesures generales de la verité et tenir lieu de principes (lorsque
les Disputans n'en avoient posé d'autres), du delà desquels on ne pouvoit
point aller et auxquels on seroit obligé de se tenir de part et d'autre.
Ainsi ces Maximes ayant receu le nom de principes qu'on ne pouvoit nier
dans la dispute et qui terminoient la question, on les prit par erreur
(selon mon Auteur) pour la source des connoissances et pour les fondemens
des sciences.
Leibniz NEs IV, 7, §11, 399