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      §. 3. PH.. L'esprit est passif à l'egard de ses idées simples, mais
la combinaison, qu'il en fait pour former des idées composées, où plusieurs
simples sont comprises sous un même nom, ont quelque chose de volontaire:
car l'un admet dans l'idée complexe qu'il a de l'or ou de la justice
des idées simples, que l'autre n'y admet point.
      TH. [L'Esprit est encor actif à l'egard des idées simples, quand il les
detache les unes des autres pour les considerer séparément. Ce qui est
volontaire aussi bien que la combinaison de plusieurs idées, soit qu'il la
fasse pour donner attention à une idée composée qui en resulte, soit qu'il
ait dessin de les comprendre sous le nom donné à la combinaison. Et
l'esprit ne sauroit s'y tromper, pourveu qu'il ne joigne point des idées
incompatibles, et pourveu que ce nom soit encor vierge pour ainsi dire,
c'est à dire qu'on n'y ait point déja attaché quelque notion, qui pourroit
causer un melange avec celle qu'on y attache de nouveau, et faire naistre
ou des notions impossibles, en joignant ce qui ne peut avoir lieu ensemble,
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ou des notions superflues et qui contiennent quelque obreption, en
joignant des idées dont l'une peut et doit estre derivée de l'autre par
demonstration.]
Leibniz NEs II, 30, §3, 245-246