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      Enfin, dans la sixiéme, ie distingue l'action de l'entendement d'avec
celle de l'imagination; les marques de cette distinction y sont décrites.
I'y montre que l'ame de l'homme est réellement distincte du corps, et
toutesfois qu'elle luy est si estroitement conjointe et unie, qu'elle ne
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compose que comme une mesme chose avecque luy. Toutes les erreurs
qui procedent des sens y sont exposées, avec les moyens de les eviter.
Et enfin, i'y apporte toutes les raisons desquelles on peut conclure
l'existence des choses materielles: non que ie les iuge fort utiles pour
prover ce qu'elles prouvent, à sçavoir, qu'il y a un Monde, que les
hommes ont des corps, et autres choses semblables, qui n'ont iamais
esté mises en doute par aucun homme de bon sens; mais parce qu'en
les considerant de prés, l'on vient à connoistre qu'elles ne sont pas si
fermes ny si evidentes, que celles qui nous conduisent à la connoissance
de Dieu et de nostre ame; en sorte que celles-cy sont les plus certaines
et les plus evidentes qui puissent tomber en la connoissance de l'esprit
humain. Et c'est tout ce que i'ay eu dessein de prouver dans ces six
Meditations; ce qui fait que i'obmets icy beaucoup d'autres questions,
dont i'ay aussi parlé par occasion dans ce traitté.


Descartes Meds 11-12