— 11 —
      Dans la quatriéme, il est prouvé que les choses que nous concevons
fort clairement et fort distinctement sont toutes vrayes; et ensemble est
expliqué en quoy consiste la raison de l'erreur ou fausseté: ce qui doit
necessairement estre sceu, tant pour confirmer les veritez precedentes,
que pour mieux entendre celles qui suivent. Mais cependant il est à
remarquer, que ie ne traitte nullement en ce lieu-là du peché, c'est- à
dire de l'erreur qui se commet dans la poursuite du bien et du mal,
mais seulement de celle qui arrive dans le iugement et le discernement
du vray et du faux; et que ie n'entens point y parler des choses qui
appartiennent à la foy, ou à la conduite de la vie, mais seulement de
celles qui regardent les veritez speculatives et connuës par l'ayde de la
seule lumiere naturelle.

Descartes Meds 11