— 329 —
article IV.
Que la chaleur et le mouvement des membres procedent
du corps; et les pensées, de l'ame.
Ainsi, à cause que nous ne concevons point que le
corps pense en aucune façon, nous avons raison de
croire que toutes les sortes de pensées qui sont en
nous appartienent à l'ame. Et à cause que nous ne
doutons point qu'il n'y ait des corps inanimez, qui se
peuvent mouvoir en autant ou plus de diverses façons
que les nostres, et qui ont autant ou plus de chaleur
(ce que l'experience fait voir en la flame, qui seule a
beaucoup plus de chaleur et de mouvemens qu'aucun
de nos membres), nous devons croire que toute la
chaleur et tous les mouvemens qui sont en nous, en
tant qu'ils ne dépendent point de la pensée, n'appartienent
qu'au corps.
Descartes Pas 329