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Car ie n'ay certes
aucun sujet de me plaindre, de ce que Dieu ne m'a pas donné une
intelligence plus capable, ou une lumiere naturelle plus grande
que celle que ie tiens de luy, puisqu'en effet il est du propre de
l'entendement finy, de ne pas comprendre une infinité de choses, et
du propre d'un entendemant creé d'estre finy: mais i'ay tout sujet
de luy rendre graces, de ce que, ne m'ayant iamais rien deu, il m'a
neantmoins donné tout le peu de perfections qui est en moy; bien
loin de concevoir des sentiments si iniustes, que de m'imaginer
qu'il m'ait osté ou retenu iniustement les autres perfections qu'il
ne m'a point données.
Descartes Meds 48