— 105 §60 —
      (60) On voit d'ailleurs dans ce que je viens de rapporter,
les raisons a priori pourquoi les choses ne sauroient
aller autrement. Parce que Dieu en reglant le tout a eu
égard à chaque partie, et particulièrement à chaque Monade;
dont la nature étant representative, rien ne la sauroit
— 107 §60 —
borner à ne representer qu'une partie des choses; quoiqu'il
soit vrai que cette représentation n'est que confuse dans
le detail de tout l'Univers, et ne peut être distincte que
dans une petite partie des choses, c'est à dire, dans celles
qui sont ou les plus prochaines, ou les plus grandes par
rapport à chacune des Monades; autrement chaque Monade
seroit une Divinité. Ce n'est pas dans l'objêt, mais dans la
modification de la connoissance de l'objet, que les Monades
sont bornées. Elles vont toutes confusement à l'infini, au
tout; mais elles sont limitées et distinguées par les degrés
des perceptions distinctes.
Leibniz Mon 105-107 §60