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      Mais, auparavant que i'examine cela plus soigneusement, et que
ie passe à la consideration des autres veritez que l'on en peut recueillir,
il me semble tres à propos de m'arrester quelque temps à
la contemplation de ce Dieu tout parfait, de peser tout à loisir ses
merveilleux attributs, de considerer, d'admirer et d'adorer l'incomparable
beauté de cette immense lumiere, au moins autant que la
force de mon esprit, qui en demeure en quelque sorte éblouy, me le
pourra permettre.
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      Car, comme la foy nous apprend que la souveraine felicité de
l'autre vie ne consiste que dans cette contemplation de la Majesté
divine, ainsi experimentons-nous dés maintenant, qu'une semblable
meditation, quoy qu'incomparablement moins parfaite, nous fait
ioüir du plus grand contentement que nous soyons capables de
ressentir en cette vie.
Descartes Meds 41-42